Choisir une contraception définitive est une décision personnelle importante. Pour certaines femmes, la ligature des trompes peut représenter une solution lorsqu'elles sont certaines de ne pas souhaiter de grossesse à l'avenir.
Contrairement aux méthodes contraceptives temporaires, la stérilisation tubaire est conçue comme une méthode permanente. La décision nécessite donc une information complète, un temps de réflexion et un échange avec le médecin sur les différentes possibilités contraceptives.
Qu'est-ce que la ligature des trompes ?
Les trompes de Fallope permettent habituellement la rencontre entre l'ovocyte et les spermatozoïdes.
La stérilisation tubaire consiste à empêcher définitivement cette rencontre en interrompant la continuité ou la perméabilité des trompes.
Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être utilisées selon la situation clinique et la stratégie retenue : occlusion, section ou traitement des trompes, et dans certaines situations ablation des trompes, appelée salpingectomie.
Le choix de la technique doit être discuté avec le chirurgien en fonction de la situation médicale de chaque patiente.
La ligature des trompes est-elle définitive ?
Oui. La stérilisation tubaire doit être considérée comme une contraception permanente.
Même si certaines interventions visant à restaurer la perméabilité des trompes peuvent parfois être envisagées, leur réussite n'est pas garantie. La possibilité théorique d'une chirurgie réparatrice ne doit donc pas être considérée comme une assurance de pouvoir obtenir ultérieurement une grossesse spontanée.
C'est pourquoi la décision doit être prise en considérant que la contraception sera définitive.
Qui peut demander une ligature des trompes en France ?
En France, une stérilisation à visée contraceptive peut être pratiquée chez une personne majeure qui en fait la demande dans les conditions prévues par la loi.
Il n'existe pas de condition légale imposant :
- d'avoir déjà eu des enfants ;
- d'avoir un nombre minimum d'enfants ;
- d'être mariée ou en couple ;
- d'obtenir l'accord de son conjoint ou partenaire.
La décision appartient à la personne concernée.
Lors de la consultation, le médecin doit notamment présenter les différentes méthodes contraceptives disponibles, le caractère permanent de la stérilisation, les différentes techniques possibles ainsi que leurs bénéfices, leurs limites et leurs risques.
Pourquoi existe-t-il un délai de réflexion de quatre mois ?
La législation française prévoit un délai de réflexion de quatre mois entre la première consultation au cours de laquelle la demande est formulée et la réalisation de la stérilisation.
Ce délai permet à la patiente de réfléchir à son choix après avoir reçu les informations nécessaires.
Lors de la première consultation, une information écrite doit être remise à la patiente ainsi qu'une attestation de consultation.
Après l'expiration du délai légal, si elle maintient sa décision, la patiente confirme par écrit sa volonté de bénéficier de l'intervention.
Le délai de quatre mois ne signifie donc pas que la décision de la patiente est mise en doute : il constitue une étape prévue par la loi française pour toute stérilisation à visée contraceptive.
Comment se déroule l'intervention ?
La technique dépend de la méthode choisie et de la situation médicale.
La stérilisation tubaire peut notamment être réalisée par chirurgie mini-invasive, généralement par cœlioscopie.
Le chirurgien intervient sur les trompes afin d'empêcher définitivement la rencontre entre l'ovocyte et les spermatozoïdes.
Une consultation préopératoire permet d'expliquer précisément :
- la technique proposée ;
- le type d'anesthésie ;
- les modalités de l'intervention ;
- les suites postopératoires ;
- les risques et complications possibles ;
- les alternatives disponibles.
Chaque situation doit faire l'objet d'une évaluation individuelle.
Quelle différence entre ligature des trompes et salpingectomie ?
Dans le langage courant, l'expression « ligature des trompes » est souvent utilisée pour désigner différentes techniques de stérilisation féminine.
Il existe pourtant une différence.
La stérilisation tubaire traditionnelle vise à occlure ou interrompre les trompes, tandis que la salpingectomie bilatérale consiste à retirer les deux trompes.
La salpingectomie est aujourd'hui discutée dans certaines situations, notamment parce que des données scientifiques suggèrent qu'une partie des cancers épithéliaux de l'ovaire pourrait prendre naissance dans la trompe.
L'ablation des trompes peut ainsi contribuer à diminuer le risque de certains cancers de l'ovaire, sans toutefois supprimer totalement ce risque.
Cette éventuelle stratégie préventive doit être distinguée de la seule indication contraceptive et discutée individuellement avec le chirurgien.
Est-ce une contraception efficace ?
La stérilisation tubaire fait partie des méthodes contraceptives les plus efficaces.
Elle n'est néanmoins pas considérée comme efficace à 100 % dans toutes les situations et avec toutes les techniques.
Selon les données reprises par la Haute Autorité de Santé, le nombre de grossesses non souhaitées au cours de la première année après stérilisation féminine est d'environ 0,5 pour 100 femmes.
L'efficacité à long terme peut également varier selon la technique utilisée et l'âge auquel l'intervention a été réalisée.
Peut-on quand même tomber enceinte après une ligature des trompes ?
C'est rare, mais une grossesse reste possible après une stérilisation tubaire.
Un retard de règles ou des symptômes évocateurs d'une grossesse doivent donc conduire à réaliser un test et à consulter.
Lorsqu'une grossesse survient après une stérilisation tubaire, il est important d'en déterminer rapidement la localisation, notamment afin d'écarter une grossesse extra-utérine.
Une douleur pelvienne importante associée à un retard de règles, des saignements ou un malaise nécessite une évaluation médicale rapide.
La ligature des trompes provoque-t-elle une ménopause ?
Non.
La ligature ou l'occlusion des trompes n'entraîne pas l'ablation des ovaires.
Les ovaires continuent donc normalement à produire leurs hormones.
La Haute Autorité de Santé précise que les méthodes de stérilisation tubaire n'ont pas d'impact attendu sur l'équilibre hormonal.
La stérilisation tubaire ne doit donc pas être confondue avec l'ablation des ovaires, qui est une intervention totalement différente et peut, lorsqu'elle est bilatérale avant la ménopause naturelle, entraîner une ménopause chirurgicale.
A-t-on encore ses règles après une ligature des trompes ?
Oui.
La stérilisation tubaire n'a pas pour objectif de modifier le fonctionnement hormonal ou le cycle menstruel.
Une femme peut donc continuer à ovuler et à avoir ses règles après l'intervention.
Des modifications du cycle observées après une stérilisation peuvent parfois être liées à d'autres facteurs, notamment à l'arrêt simultané d'une contraception hormonale qui influençait auparavant les règles.
En cas de modification importante ou persistante des menstruations, une consultation gynécologique permet d'en rechercher la cause.
La ligature des trompes modifie-t-elle la sexualité ?
La stérilisation tubaire ne supprime ni les ovaires ni les hormones sexuelles.
Selon la Haute Autorité de Santé, elle n'a pas d'impact attendu sur le désir ou le plaisir sexuel.
La sexualité dépend cependant de nombreux facteurs physiques, psychologiques, relationnels et hormonaux. Toute difficulté nouvelle ou persistante mérite donc d'être abordée avec un professionnel de santé plutôt que d'être automatiquement attribuée à l'intervention.
Quels sont les risques de la ligature des trompes ?
Comme toute intervention chirurgicale, une stérilisation tubaire comporte des risques.
Ils dépendent notamment de la technique utilisée, de la voie chirurgicale, de l'anesthésie, des antécédents et de l'état de santé de la patiente.
Les complications potentielles d'une chirurgie peuvent notamment comprendre des saignements, une infection, des complications anesthésiques ou, plus rarement, une lésion d'un organe voisin.
Il existe également un risque d'échec contraceptif, faible mais non nul.
Ces risques doivent être expliqués individuellement lors de la consultation préopératoire.
Peut-on regretter une stérilisation définitive ?
C'est une question essentielle avant l'intervention.
Un changement de situation personnelle ou familiale, une nouvelle relation ou simplement une évolution du projet de vie peuvent modifier ultérieurement le désir de grossesse.
Il est impossible de prévoir avec certitude ce que l'on souhaitera plusieurs années plus tard.
C'est pourquoi le caractère permanent de la stérilisation et la possibilité d'un regret futur doivent être discutés avant l'intervention.
Il ne s'agit pas de remettre en cause le choix d'une femme, mais de lui permettre de prendre sa décision avec toutes les informations nécessaires.
Quelles alternatives avant de choisir une contraception définitive ?
Avant une stérilisation, les différentes méthodes contraceptives réversibles peuvent être discutées.
Parmi elles figurent notamment :
- le dispositif intra-utérin au cuivre ;
- le dispositif intra-utérin hormonal ;
- l'implant contraceptif ;
- les contraceptions hormonales lorsqu'elles sont adaptées à la situation médicale ;
- d'autres méthodes contraceptives selon les besoins et contre-indications de chaque patiente.
Lorsque le couple recherche une contraception définitive, la vasectomie peut également faire partie des possibilités à discuter.
Le choix ne devrait pas reposer uniquement sur l'efficacité : les préférences de la patiente, ses antécédents, ses contre-indications éventuelles et son projet de vie doivent également être pris en compte.
La ligature des trompes protège-t-elle contre les infections sexuellement transmissibles ?
Non.
La stérilisation tubaire empêche une grossesse mais ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).
Lorsqu'une protection contre les IST est nécessaire, l'utilisation d'un préservatif reste recommandée indépendamment de la contraception utilisée.
Comment savoir si la contraception définitive est adaptée à ma situation ?
Il n'existe pas une réponse identique pour toutes les femmes.
La consultation permet notamment de discuter :
- de votre projet contraceptif ;
- de votre certitude concernant l'absence de désir de grossesse future ;
- de vos antécédents médicaux et chirurgicaux ;
- des contraceptions déjà utilisées ;
- des alternatives réversibles ;
- de la technique chirurgicale envisageable ;
- des bénéfices, risques et limites de l'intervention.
La décision doit pouvoir être prise librement, après une information claire et un temps de réflexion suffisant.
À retenir
La ligature des trompes est une méthode de contraception définitive destinée aux femmes qui ne souhaitent pas de grossesse future.
En France, elle peut être demandée par toute personne majeure dans le cadre prévu par la loi, indépendamment de son nombre d'enfants ou de son statut marital.
Un délai légal de réflexion de quatre mois doit être respecté avant l'intervention.
La décision mérite une consultation dédiée afin de comparer les différentes méthodes contraceptives, de comprendre le caractère permanent de l'intervention et de choisir, lorsqu'une stérilisation est retenue, la technique la mieux adaptée à la situation individuelle.
Information médicale : cet article fournit une information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Les indications, contre-indications et modalités d'une intervention doivent être évaluées individuellement avec un professionnel de santé.
Sources médicales et institutionnelles
Haute Autorité de Santé (HAS). Stérilisation à visée contraceptive chez l'homme et chez la femme. Recommandation de bonne pratique, 2019. https://www.has-sante.fr/jcms/c_1752765/fr/sterilisation-a-visee-contraceptive-chez-l-homme-et-chez-la-femme
Code de la santé publique, article L. 2123-1 — stérilisation à visée contraceptive.
American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). Sterilization for Women and Men. Patient guidance.
American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). Opportunistic Salpingectomy as a Strategy for Epithelial Ovarian Cancer Prevention. Committee Opinion No. 774.
Organisation mondiale de la Santé (OMS). Informations et recommandations relatives à la contraception et aux dispositifs intra-utérins.
Consultez le Dr. Yasmine Maazouzi à l'Hôpital Privé Beauregard (23 Rue des Linots, Bât. B5 ICOGM, Marseille 13004) pour discuter de votre projet contraceptif.