Découvrir une petite excroissance sur la vulve, autour de l'anus ou dans la région génitale peut être inquiétant. Les condylomes génitaux — souvent appelés verrues génitales — sont liés à une infection par certains papillomavirus humains (HPV).
Ils sont fréquents et bénins dans l'immense majorité des cas.
Mais une idée reçue doit être corrigée d'emblée : les HPV qui provoquent habituellement les condylomes ne sont pas les mêmes que ceux qui sont principalement responsables des cancers liés au HPV.
Les HPV 6 et 11 sont des types dits à bas risque et sont responsables de la grande majorité des verrues génitales. Les HPV à haut risque, comme les HPV 16 et 18, sont associés aux lésions précancéreuses et à plusieurs cancers.
Cela ne signifie pas qu'une personne ayant des condylomes ne peut pas être porteuse parallèlement d'un autre type de HPV. Le suivi gynécologique et le dépistage du cancer du col doivent donc continuer selon les recommandations habituelles.
Qu'est-ce qu'un condylome génital ?
Un condylome est une lésion bénigne de la peau ou des muqueuses provoquée par une infection à papillomavirus humain.
Les condylomes peuvent se présenter sous des formes très variables :
- petites excroissances isolées ;
- lésions multiples ;
- petites papules plates ou légèrement surélevées ;
- lésions parfois regroupées ;
- aspect parfois évoquant une petite « crête » ou un relief irrégulier.
Ils peuvent être de couleur chair, rosés ou blanchâtres.
Chez la femme, ils peuvent apparaître notamment :
- sur la vulve ;
- autour de l'entrée du vagin ;
- dans le vagin ;
- sur le col de l'utérus ;
- dans la région périnéale ;
- autour ou à l'intérieur de l'anus.
Quels HPV provoquent les condylomes ?
Les condylomes ano-génitaux sont majoritairement associés aux HPV dits à bas risque oncogène.
Les HPV 6 et 11 sont responsables de plus de 90 % des verrues génitales selon les données reprises par les CDC.
Ces HPV sont différents des principaux HPV à haut risque responsables des lésions précancéreuses et cancers.
Par exemple :
- HPV 6 et 11 : principalement associés aux condylomes ;
- HPV 16 et 18 : parmi les principaux HPV à haut risque associés aux cancers liés au HPV.
Cette distinction est importante pour éviter une inquiétude excessive.
Avoir des condylomes signifie-t-il avoir un cancer ?
Non.
Les recommandations françaises labellisées par la Haute Autorité de Santé précisent que les condylomes ne se transforment pas en tumeurs malignes.
Cependant, plusieurs types de HPV peuvent être présents simultanément chez une même personne.
Il est donc possible d'avoir des condylomes liés à un HPV à bas risque et d'être également infectée par un HPV oncogène.
La présence de condylomes ne dispense donc pas du dépistage du cancer du col de l'utérus lorsque celui-ci est indiqué.
Comment attrape-t-on des condylomes ?
Les HPV se transmettent principalement lors de contacts intimes peau à peau ou muqueuse à muqueuse.
La transmission peut survenir notamment :
- lors de rapports vaginaux ;
- lors de rapports anaux ;
- lors de contacts génitaux sans pénétration ;
- lors de rapports oraux.
La transmission ne nécessite donc pas toujours une pénétration complète.
Le HPV est très fréquent au cours de la vie sexuelle.
Le préservatif protège-t-il complètement contre les condylomes ?
Non.
Le préservatif réduit le risque de transmission du HPV mais ne le supprime pas complètement.
La raison est simple : le virus peut être présent sur des zones cutanées ou muqueuses qui ne sont pas couvertes par le préservatif.
Cela ne signifie pas que le préservatif est inutile. Il reste un outil important de prévention des infections sexuellement transmissibles.
Combien de temps après une contamination les condylomes apparaissent-ils ?
La période entre l'infection et l'apparition visible de condylomes peut varier.
Il est donc généralement impossible de déterminer précisément quand la contamination a eu lieu ou quelle personne a transmis le HPV.
Les CDC rappellent d'ailleurs que les partenaires ont souvent partagé le virus et qu'il est rarement possible d'identifier la personne à l'origine de l'infection.
La découverte de condylomes dans un couple ne constitue donc pas une preuve d'infidélité.
Peut-on transmettre le HPV sans avoir de condylomes visibles ?
Oui.
Une personne peut transmettre le HPV alors qu'elle ne présente aucune verrue visible.
C'est l'une des raisons pour lesquelles l'infection à HPV est extrêmement fréquente.
Les condylomes provoquent-ils des symptômes ?
Ils peuvent être totalement indolores et découverts par hasard.
Selon leur localisation et leur taille, ils peuvent cependant provoquer :
- démangeaisons ;
- irritation ;
- gêne locale ;
- petits saignements ;
- inconfort pendant les rapports ;
- gêne esthétique ou psychologique.
Toute lésion génitale n'est toutefois pas un condylome.
Toutes les petites lésions vulvaires sont-elles des condylomes ?
Non.
Plusieurs lésions bénignes ou dermatologiques peuvent ressembler à des condylomes.
Le diagnostic est le plus souvent clinique et repose sur l'examen par un professionnel de santé.
Une biopsie peut être discutée lorsque l'aspect est atypique, le diagnostic incertain ou dans certaines situations particulières.
Faut-il faire un test HPV pour diagnostiquer un condylome ?
Pas habituellement.
Les tests HPV utilisés dans le dépistage du cancer du col recherchent principalement les HPV à haut risque oncogène.
Ils ne sont pas destinés au diagnostic des verrues génitales.
Les CDC précisent que le test HPV ne doit pas être utilisé pour diagnostiquer des condylomes ni comme test général des IST.
Quels sont les traitements des condylomes ?
Il existe plusieurs options thérapeutiques.
Les recommandations françaises actualisées et labellisées par la HAS incluent notamment :
- cryothérapie ;
- podophyllotoxine ;
- imiquimod ;
- chirurgie ;
- électrochirurgie ;
- laser CO₂ ;
- acide trichloracétique et autres traitements dans certaines situations.
Le choix dépend notamment :
- du nombre de lésions ;
- de leur taille ;
- de leur localisation ;
- des traitements déjà réalisés ;
- d'une éventuelle grossesse ;
- du statut immunitaire ;
- des préférences de la patiente.
Il n'existe pas un traitement unique meilleur pour toutes les patientes.
Le traitement élimine-t-il le HPV ?
Pas nécessairement.
Les traitements ont pour objectif principal de faire disparaître les lésions visibles et, lorsqu'ils existent, les symptômes.
Ils ne constituent pas un traitement antiviral capable d'éradiquer immédiatement le HPV de l'organisme.
Chez beaucoup de personnes, l'infection devient spontanément indétectable avec le temps sous l'effet de la réponse immunitaire.
Pourquoi les condylomes peuvent-ils revenir après le traitement ?
Parce que retirer une verrue visible ne signifie pas nécessairement que le virus a immédiatement disparu des tissus environnants.
Les récidives sont donc possibles, surtout dans les premiers mois suivant le traitement.
Une récidive ne signifie pas nécessairement une nouvelle contamination ni l'échec de toute la prise en charge.
Elle peut simplement traduire la persistance temporaire de l'infection.
Peut-on ne pas traiter certains condylomes ?
Dans certaines situations, oui.
Les CDC indiquent que des condylomes non traités peuvent :
- disparaître spontanément ;
- rester stables ;
- augmenter en taille ou en nombre.
La décision dépend de la localisation, du nombre de lésions, des symptômes, du contexte médical et du souhait de la patiente.
Une surveillance ne doit toutefois être décidée qu'après confirmation du diagnostic.
Peut-on avoir des condylomes pendant la grossesse ?
Oui.
Les condylomes peuvent apparaître ou augmenter de volume pendant la grossesse.
La prise en charge doit alors être spécifiquement adaptée car certains traitements locaux utilisés en dehors de la grossesse ne sont pas appropriés pendant celle-ci.
Les recommandations françaises prévoient un algorithme spécifique pour la femme enceinte.
Il est donc important de signaler toute grossesse ou possibilité de grossesse avant un traitement.
Les condylomes empêchent-ils un accouchement par voie basse ?
Pas automatiquement.
La présence de condylomes n'impose pas à elle seule une césarienne.
La voie d'accouchement dépend de la taille, de la localisation des lésions et du contexte obstétrical.
Une décision individualisée est prise avec l'équipe obstétricale.
Faut-il faire dépister son partenaire ?
Il n'existe pas de test HPV de routine recommandé pour rechercher les HPV responsables des condylomes chez un partenaire asymptomatique.
En revanche, un partenaire peut bénéficier d'un examen en présence de lésions et d'une discussion sur le dépistage des autres IST selon le contexte.
Le dialogue avec le partenaire est utile, mais il faut éviter de transformer le diagnostic en recherche d'un « responsable » de la contamination.
Faut-il rechercher d'autres IST lorsqu'on a des condylomes ?
Cela peut être pertinent selon la situation sexuelle et les facteurs de risque.
La découverte d'une IST peut être l'occasion de discuter d'un dépistage adapté d'autres infections sexuellement transmissibles.
Le bilan doit être individualisé.
Les condylomes modifient-ils le dépistage du cancer du col ?
La présence de condylomes ne remplace pas et ne modifie pas automatiquement le calendrier national de dépistage du cancer du col.
Le dépistage cervical recherche principalement les conséquences d'infections persistantes par des HPV à haut risque.
Il doit donc être poursuivi selon l'âge, les antécédents et les recommandations nationales.
La vaccination HPV est-elle encore utile après des condylomes ?
La vaccination ne traite pas les condylomes déjà présents et n'élimine pas une infection HPV existante.
Elle peut néanmoins protéger contre d'autres types de HPV auxquels la personne n'a pas encore été exposée.
En France, la HAS recommande depuis 2025 le rattrapage vaccinal contre les HPV pour les jeunes femmes et les jeunes hommes non vaccinés jusqu'à 26 ans révolus.
Le vaccin Gardasil 9 cible notamment les HPV 6 et 11 responsables de la majorité des condylomes ainsi que plusieurs HPV à haut risque.
La vaccination ne remplace pas le dépistage du cancer du col.
Peut-on se faire vacciner si l'on a déjà eu des condylomes ?
Oui, selon l'âge et les recommandations vaccinales applicables.
Un antécédent de condylomes ne signifie pas nécessairement qu'une personne a déjà été exposée à tous les types de HPV couverts par le vaccin.
La vaccination reste préventive : elle n'est pas un traitement d'une infection déjà présente.
HPV dans le couple : faut-il s'inquiéter ?
Le HPV est extrêmement fréquent.
Les partenaires sexuels partagent souvent le virus sans le savoir.
La découverte de condylomes ne permet généralement pas de savoir :
- quand l'infection a été acquise ;
- de quel partenaire elle provient ;
- depuis combien de temps elle est présente.
Il faut donc éviter les conclusions hâtives sur l'ancienneté de la contamination ou la fidélité du couple.
Quand faut-il consulter ?
Une consultation est recommandée lorsqu'apparaît :
- une nouvelle excroissance génitale ;
- une lésion qui augmente de taille ;
- plusieurs lésions nouvelles ;
- des saignements ;
- une douleur importante ;
- une lésion d'aspect inhabituel ;
- une lésion persistante malgré un traitement ;
- une lésion génitale pendant une grossesse.
Une consultation permet de confirmer le diagnostic et de choisir une prise en charge adaptée.
À retenir
Les condylomes génitaux sont des lésions bénignes liées principalement aux HPV 6 et 11, qui sont des HPV à bas risque oncogène.
Ils ne doivent pas être confondus avec les lésions précancéreuses liées aux HPV à haut risque.
Leur transmission est possible même en l'absence de verrues visibles et le préservatif réduit le risque sans l'annuler complètement.
Plusieurs traitements sont disponibles, mais ils ciblent surtout les lésions visibles. Les récidives sont donc possibles tant que l'infection persiste.
La découverte de condylomes ne permet généralement pas de savoir quand ni par qui le HPV a été transmis.
Enfin, la vaccination HPV reste un outil majeur de prévention et ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus.
Information médicale : cet article fournit une information générale et ne remplace pas une consultation. Toute lésion génitale nouvelle, atypique, douloureuse, persistante ou survenant pendant une grossesse mérite une évaluation médicale.
Sources médicales et institutionnelles
Haute Autorité de Santé (HAS), ANRS-MIE, CNS. Prise en charge thérapeutique des patients atteints de condylomes ano-génitaux. Recommandation de bonne pratique, validation 14 novembre 2024, mise en ligne 2 décembre 2024. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3562508/fr/prise-en-charge-therapeutique-des-patients-atteints-de-condylomes-ano-genitaux
Haute Autorité de Santé (HAS). Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu'à 26 ans révolus. 13 mai 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3605077/fr/papillomavirus-hpv-le-rattrapage-vaccinal-recommande-chez-les-femmes-et-les-hommes-jusqu-a-26-ans-revolus
Organisation mondiale de la Santé (OMS). Human Papillomavirus (HPV). Informations sur les génotypes à bas et haut risque. https://www.who.int/teams/health-product-policy-and-standards/standards-and-specifications/norms-and-standards/vaccine-standardization/human-papillomavirus
Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Human Papillomavirus (HPV) Infection — STI Treatment Guidelines. https://www.cdc.gov/std/treatment-guidelines/hpv.htm
Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Anogenital Warts — STI Treatment Guidelines. https://www.cdc.gov/std/treatment-guidelines/anogenital-warts.htm
Institut national du cancer (INCa). Prévenir les cancers liés aux HPV. Mise à jour 7 janvier 2026. https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/prevention-et-depistages/prevention/agents-infectieux/prevenir-les-cancers-lies-aux-hpv
Consultez le Dr. Yasmine Maazouzi à l'Hôpital Privé Beauregard (23 Rue des Linots, Bât. B5 ICOGM, Marseille 13004) pour un diagnostic et une prise en charge adaptée.