Le cancer du col de l'utérus est l'un des cancers pour lesquels la prévention et le dépistage sont particulièrement efficaces.
Dans la grande majorité des cas, il est lié à une infection persistante par certains papillomavirus humains, appelés HPV à haut risque. Ces infections peuvent provoquer progressivement des lésions précancéreuses du col de l'utérus, qui peuvent être détectées et traitées avant leur évolution vers un cancer.
En France, le dépistage organisé concerne les femmes âgées de 25 à 65 ans, sauf situation particulière justifiant un suivi différent. L'examen utilisé dépend de l'âge : cytologie entre 25 et 29 ans, puis test HPV à haut risque à partir de 30 ans. (Assurance Maladie, 2026)
Pourquoi le papillomavirus est-il au cœur du dépistage ?
Les papillomavirus humains sont extrêmement fréquents.
L'Assurance Maladie estime qu'environ 80 % des adultes seront exposés à une infection HPV au cours de leur vie. La majorité de ces infections disparaissent spontanément. Seule une minorité persiste suffisamment longtemps pour entraîner des lésions précancéreuses.
Le dépistage cherche donc soit :
- des anomalies des cellules du col ;
- soit la présence d'un HPV à haut risque susceptible de persister.
L'objectif est d'identifier les lésions avant qu'elles ne deviennent cancéreuses ou de diagnostiquer un cancer à un stade précoce.
Quel examen à quel âge ?
De 25 à 29 ans : l'examen cytologique
Entre 25 et 29 ans, le dépistage repose sur l'examen cytologique, souvent appelé « frottis ».
Le calendrier recommandé est :
- un premier examen ;
- un deuxième examen un an plus tard ;
- puis, si les deux résultats sont normaux, un nouvel examen trois ans plus tard.
La cytologie recherche directement des anomalies dans les cellules prélevées sur le col de l'utérus.
De 30 à 65 ans : le test HPV-HR
À partir de 30 ans, le test de dépistage de référence en France devient le test HPV à haut risque, ou HPV-HR.
Il est réalisé :
- trois ans après le dernier examen cytologique normal ;
- puis tous les cinq ans lorsque le résultat est négatif.
Le test HPV ne recherche pas directement des cellules anormales : il détecte la présence de papillomavirus à haut risque.
Comment se passe le prélèvement ?
Le prélèvement est réalisé au niveau du col de l'utérus lors d'un examen gynécologique.
Un spéculum permet de visualiser le col, puis quelques cellules sont recueillies à l'aide d'une petite brosse.
Le même type de prélèvement peut servir :
- à l'examen cytologique ;
- au test HPV-HR.
Le prélèvement est généralement peu ou pas douloureux, mais une gêne ou une sensation de pression peut être ressentie pendant quelques instants.
Et l'autoprélèvement vaginal ?
Dans certaines situations, le test HPV peut être réalisé à partir d'un autoprélèvement vaginal.
Cette méthode peut être particulièrement utile pour les personnes éloignées du dépistage ou qui rencontrent des difficultés à réaliser un prélèvement cervical classique.
Les données scientifiques sont encourageantes, mais il faut rester précis : les performances dépendent notamment du dispositif utilisé et de la méthode d'analyse HPV.
Une revue systématique publiée en 2024 portant sur 70 études a trouvé que la plupart des études rapportaient des performances diagnostiques proches de celles obtenues avec un prélèvement réalisé par un professionnel, avec une forte acceptabilité.
D'autres méta-analyses plus récentes montrent cependant une certaine hétérogénéité et indiquent que, selon les dispositifs et les techniques utilisées, la sensibilité peut être légèrement inférieure à celle d'un prélèvement réalisé par un professionnel.
L'autoprélèvement constitue donc une option intéressante, mais son utilisation doit suivre les modalités du programme de dépistage et les tests validés disponibles.
Que se passe-t-il si le test HPV est positif ?
Un test HPV positif ne signifie pas que vous avez un cancer.
Il indique qu'un HPV à haut risque a été détecté au moment du prélèvement.
La plupart des infections disparaissent spontanément. C'est surtout la persistance d'une infection par un HPV à haut risque qui augmente le risque d'apparition de lésions précancéreuses.
Lorsque le test HPV est positif, une analyse cytologique peut être réalisée sur le même prélèvement afin d'examiner les cellules du col.
Selon le résultat :
- si la cytologie ne montre pas d'anomalie, une surveillance est généralement proposée ;
- si des anomalies cellulaires sont présentes, une colposcopie peut être indiquée.
La conduite à tenir exacte dépend du résultat cytologique et des recommandations applicables.
Qu'est-ce qu'une colposcopie ?
La colposcopie est un examen du col de l'utérus réalisé avec un appareil grossissant.
Elle permet d'observer précisément les zones suspectes et, si nécessaire, d'effectuer une biopsie.
Le prélèvement est ensuite analysé au laboratoire afin de déterminer s'il existe une lésion précancéreuse ou cancéreuse.
Vaccinée contre le HPV : faut-il continuer le dépistage ?
Oui.
La vaccination contre le HPV réduit fortement le risque d'infection par plusieurs types de papillomavirus responsables de cancers, mais elle ne protège pas contre tous les HPV à haut risque.
Vaccination et dépistage sont donc complémentaires.
Même une personne vaccinée doit poursuivre le dépistage selon les recommandations correspondant à son âge et à sa situation médicale.
Et pendant la grossesse ?
La grossesse n'empêche pas nécessairement la réalisation d'un dépistage cervical.
Le moment du prélèvement doit toutefois être décidé en fonction :
- du terme de la grossesse ;
- des résultats antérieurs ;
- du contexte clinique ;
- et de l'avis du professionnel qui assure le suivi.
Le dépistage peut notamment être proposé lors du suivi prénatal ou après l'accouchement lorsque cela est approprié.
Le dépistage organisé et le remboursement
Depuis 2024, l'Assurance Maladie adresse les invitations au dépistage organisé aux personnes qui n'ont pas réalisé leur dépistage dans les délais recommandés.
Dans ce cadre :
- l'analyse cytologique ou le test HPV-HR est pris en charge à 100 % pour les personnes invitées ;
- le prélèvement cervico-utérin est remboursé selon les conditions habituelles de l'Assurance Maladie.
En 2026, l'Assurance Maladie indique un remboursement du prélèvement à 70 % sur la base du tarif conventionnel, le complément pouvant être pris en charge par la complémentaire santé.
Le dépistage peut notamment être réalisé par :
- un gynécologue ;
- un médecin généraliste ;
- une sage-femme ;
- ou d'autres professionnels et structures autorisés selon l'organisation du dépistage.
Quand consulter sans attendre le prochain dépistage ?
Le dépistage concerne avant tout les personnes sans symptôme.
Certains signes nécessitent une consultation médicale sans attendre le prochain dépistage :
- saignement après un rapport sexuel ;
- saignements entre les règles ;
- saignement après la ménopause ;
- pertes vaginales inhabituelles ;
- douleurs pelviennes persistantes.
Dans ce contexte, il ne s'agit plus simplement d'un dépistage de routine : un bilan diagnostique peut être nécessaire.
Situations particulières
Le calendrier standard ne convient pas à toutes les situations.
Un suivi différent peut notamment être nécessaire en cas :
- d'immunodépression ;
- d'antécédent de lésion précancéreuse du col ;
- d'antécédent de cancer du col ;
- de résultats antérieurs anormaux.
L'Assurance Maladie indique par exemple qu'en cas d'immunodépression, hors infection par le VIH, la HAS recommande une surveillance plus rapprochée : cytologie annuelle entre 25 et 29 ans et test HPV tous les trois ans entre 30 et 65 ans lorsque le résultat reste négatif.
À retenir
- 25 à 29 ans : dépistage par examen cytologique.
- Deux premiers examens à un an d'intervalle, puis un nouvel examen trois ans plus tard si les résultats sont normaux.
- 30 à 65 ans : test HPV-HR.
- Le test HPV est réalisé trois ans après le dernier examen cytologique normal, puis tous les cinq ans s'il reste négatif.
- Un test HPV positif ne signifie pas cancer.
- Vaccination et dépistage sont complémentaires.
- Les personnes présentant certains antécédents ou une immunodépression peuvent nécessiter un suivi différent.
Information médicale : cet article fournit une information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Le rythme et les modalités du dépistage peuvent être adaptés à votre situation personnelle.
Sources médicales et scientifiques
Assurance Maladie. Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus. Mise à jour 21 avril 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-col-uterus/depistage-organise-cancer-col-uterus
Assurance Maladie. Prévenir le cancer du col de l'utérus : vaccination HPV et frottis de dépistage. 11 mai 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-col-uterus/prevention-cancer-col-uterus
Haute Autorité de santé. Dépistage du cancer du col de l'utérus : le test HPV-HR recommandé chez les femmes de plus de 30 ans. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3192618/fr/depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus-le-test-hpv-hr-recommande-chez-les-femmes-de-plus-de-30-ans
Aimagambetova G, et al. Comparison of diagnostic accuracy and acceptability of self-sampling devices for human papillomavirus detection: a systematic review. Preventive Medicine Reports. 2024;38:102590. PMID: 38283967. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38283967/
Accuracy of HPV Self-Collection Compared with Clinician-Collected HPV Testing and Cytology: A Meta-analysis. 2025. PMID: 40643571. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40643571/
Comparative performance of HPV self-sampling and conventional screening methods: a systematic review and bivariate meta-analysis. 2026. PMID: 42217258. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42217258/
Consultez le Dr. Yasmine Maazouzi à l'Hôpital Privé Beauregard (23 Rue des Linots, Bât. B5 ICOGM, Marseille 13004) pour votre dépistage du cancer du col de l'utérus ou pour faire le point sur un résultat.